
ans un contexte de tensions militaires sans précédent, l’Iran a officiellement lancé mercredi un appel aux nations du Moyen-Orient à former une alliance de défense collective, excluant explicitement les États-Unis et Israël. Cette initiative s’inscrit dans un contexte d’escalade majeure : depuis le 28 février 2026, des frappes aériennes américaines et israéliennes frappent le territoire iranien, ouvrant une nouvelle page des conflits régionaux.
C’est Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du quartier général central iranien de Khatam al-Anbiya, qui a porté ce message dans une déclaration vidéo solennellement adressée au monde arabe et islamique. Il a qualifié les offensives subies par Téhéran de manifestation d’une « nouvelle phase » de l’affrontement géopolitique régional, affirmant que l’Iran se tenait à l’avant-garde de la défense de la nation islamique.
Contexte — Chronologie des événements récents
- 28 février 2026 — Début des frappes américaines et israéliennes sur le territoire iranien.
- Mars 2026 — Ripostes iraniennes répétées par drones et missiles ciblant Israël et les bases militaires américaines dans le Golfe.
- 25 mars 2026 — Appel officiel de Téhéran à une alliance militaire et sécuritaire régionale islamique.
Nous devons nous unir pour garantir notre sécurité et avancer vers une charte de sécurité collective fondée sur l’islam et le Coran comme référence, noyau et base solide.
— Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du QG Khatam al-Anbiya
Un projet d’architecture sécuritaire islamique
L’initiative iranienne dépasse la simple rhétorique de guerre. Zolfaghari a esquissé les contours d’une véritable doctrine de sécurité autonome, appelant les nations de la région à ne plus « s’en remettre aux puissances extérieures » et à ancrer toute coopération défensive dans les préceptes coraniques. Cette vision réaffirme la posture de Téhéran comme avant-garde autoproclamée de la nation islamique — un rôle que la République islamique s’est arrogé depuis sa fondation en 1979, mais qu’elle cherche aujourd’hui à institutionnaliser sous la pression des bombardements.
Le message s’adresse en priorité aux monarchies du Golfe, au Pakistan, à la Turquie et aux gouvernements arabes qui abritent des installations militaires américaines sur leur sol. L’Iran a riposté aux offensives par des tirs répétés de drones et de missiles visant non seulement Israël, mais aussi ces pays hôtes des forces américaines — une stratégie de dissuasion qui complique considérablement les calculs diplomatiques de ses voisins.
Une rhétorique ancienne, un contexte inédit
La proposition n’est pas entièrement nouvelle dans sa forme : Téhéran a depuis des décennies prôné des formes de solidarité islamique contre ce qu’il désigne comme l’impérialisme occidental et le sionisme. Mais la conjoncture de 2026 lui confère une dimension inédite. Pour la première fois depuis la révolution islamique, le territoire iranien est directement frappé par des puissances occidentales, transformant l’appel à l’unité d’une posture idéologique en un impératif de survie stratégique.
Reste à savoir si cet appel trouvera un écho dans des capitales qui, pour la plupart, entretiennent des liens sécuritaires étroits avec Washington et ont peu d’intérêt à se couper de la protection américaine. L’histoire récente du Moyen-Orient montre que les projets d’alliance panislamique ont invariablement achoppé sur les rivalités interétatiques, les fractures confessionnelles et les intérêts économiques divergents. La balle est désormais dans le camp des voisins de Téhéran.

